JMO 1ère Cie du 1er RCP – Dimanche 16 Février 1947

6h30 : Départ du camp de l’Emigration. Tout le Bataillon est enlevé en camion ; 5 camions sont mis à disposition de la compagnie. Nous nous rendons à Trang bang sur la Route Coloniale n°1, à 50 km au nord-ouest de Saïgon.

8h 30 : Arrivée à Trang Bang

Le camions dans lequel se trouvait le 1er peloton s’est renversé sur la route. La plupart des gradés et des chasseurs sont hospitalisés ou admis à l’Infirmerie de la 13e DBLE. Ne participeront à l’opération que 2 chasseurs de ce peloton.

A Trang Bang, le bataillon reçoit sa mission par le Colonel commandant la 13e DBLE.

Ordre d’opération

Situation

La région située au nord de la Route coloniale n°1 est une zone de passage pour les éléments rebelles se dirigeant vers le nord-ouest. Le commandement suppose qu’un très grand nombre de rebelles se trouve dans le quadrilatère A1, A3, B10, C1.

Mission du bataillon

Se porter en camions sur la route A3 – B10, de part et d’autre de B10, cette route étant la base de départ

1°/ Ratisser le terrain en direction du sud-est jusqu’à la route A1 – C1.

2°/ Venir s’installer pour la nuit dans plusieurs villages situés dans le quadrilatère ratissé dans la journée.

3°/ Repartir le lendemain au grand jour en direction de A1, où les camions reconduiront le personnel à Saïgon.

Dispositif

La 1ère Cie au centre, à sa gauche la 3ème Cie ; à sa droite, la 4ème Cie, suivant cette piste. Fouiller les maisons rencontrées ; revenir pour la nuit, s’installer en point d’appui (PA) fermé dans le village de X. Bo Héo.

Carte au 1/100 000e – distance B10- C1 = environ 10 km

Déroulement de l’opération

  • 10h30 : nous démarrons de la base de départ.
  • 11h : nous atteignons le village de Loc Hung. La fouille ne donne aucun résultat. Les habitants se sont dissimulés ou enfuis.
  • Dès ce moment, la liaison à vue est perdue avec les autres unités et la liaison radio est pratiquement impossible à obtenir. Nous poursuivons notre marche vers X.Xuoï Sup que nous atteignons à midi. Nous y trouvons un seul indigène que nous faisons prisonnier.
  • Notre avance continue ; aucune résistance ennemie n’est rencontrée. Les rebelles nous voyant en force évitent de se montrer. Nous ne trouvons dans les habitations que quelques femmes avec leurs enfants, et parfois un vieillard.
  • 14h : nous passons à X. Bo Héo. La Cie est exténuée et poursuit sa mission avec difficulté. Ceci est dû à la chaleur torride, à notre manque d’adaptation au climat tropical et à notre mauvais entretien physique après un mois de bateau.
  • A hauteur de X. Bo Héo, sur la piste, des automitrailleuses et deux véhicules de la 13ème DBLE viennent à notre rencontre. Nous leur remettons huit hommes de la Cie qui sont absolument incapables de continuer la progression à pied. Ce sont le Caporal Pont, les chasseurs Morisset, Mouraud, Garma, Gibilaro, Poncet, Schlotterbeck et Oberlé. Nous en profitons également pour alléger le chargement des servants du groupe de mortiers de 60. Nous reprenons la progression.
  • 16h : La Cie s’installe en PA et repart à 16h, la chaleur est moins forte.
  • 16h45 : nous atteignonsC1, sans avoir rencontré la moindre résistance. Nous n’avons souffert que de la chaleur et de la soif.
  • A C1, le colonel commandant la 13ème DBLE ayant modifié la mission initiale et décidé d’installer le Bataillon en PA fermé pour la nuit au carrefour, la 1ère compagnie se voit confier la défense face au sud-est, au sud et au sud-ouest.
  • 18h30 : l’installation de la Cie est terminée. Chacun à la possibilité de se laver et de manger avant la nuit, ce qui procure à tous une détente appréciée et fait revenir  la bonne humeur.
  • La nuit se passe sans incident. Les sentinelles, nerveuses par manque d’habitude à cette situation, tirent quelques rafales de pistolet-mitrailleur durant toute la nuit.

Période du 15 janvier au 15 février 1947

Journal de marche 
de la Première Compagnie 
du 1er Régiment de Chasseurs Parachutistes

Ouvert le 15-1-47

Le Régiment est désigné pour participer à la campagne d’Indochine.

Le Colonel Sauvagnac prend le commandement d’une demi-Brigade comprenant le 3/1er RCP, le 1/1er RCP et le 1/1er Rgt de Choc.

Notre Compagnie est la 1ère Compagnie du 1/1erRCP.

Mercredi 15 janvier 47

  • 9h30 : Départ de Sétif en train

Jeudi 16 janvier 47

  • 6h : Arrivée à Alger (gare d’Agha)
  • 16h: Revue par le Général Duché, Commandant la Xe Région Militaire.
  • Embarquement sur l’Athos II (Marseille)

Vendredi 17 janvier 47

  • 10h : Départ d’Alger

Samedi 18 janvier 47

  • 17h : Nous passons le Cap Bon

Mercredi 22 janvier 47

  • 7h : Arrivée à Port-Saïd
  • 18h : Départ de Port-Saïd
  • Pendant la nuit, traversée du Canal de Suez

Jeudi 23 janvier 47

  • 8h : Arrivée à Suez
  • 9h : Départ de Suez

Lundi 27 janvier 47

  • 9h : Arrivée à Djibouti
Durant l’escale, de gauche à droite, Maillot, Laubies, Leguéré, Matalou et Marmara

Mardi 28 janvier 47

  • 1h30 : Départ de Djibouti

Dimanche 10 février 47

  • 13h : Arrivée à Singapour

Lundi 11 février 47

  • 1h30 : Départ de Singapour

Mardi 12 février 47

  • 12h45 : Arrivée à Saïgon. Le paquebot accoste au quai des Messageries Maritimes
  • Le Sgt-Chef Sol est hospitalisé pour oreillons à l’Hôpital Grall.
  • Des permissions pour Saïgon sont accordées au personnel, dans les proportions suivantes : Sous-officiers : la moitié des effectifs ; Troupe : le quart des effectifs (Rentrée 21heures).Les officiers et les s/officiers devant être rentrés à 23heures, heure du couvre-feu.
Hôpital Grall à Saïgon

Jeudi 13 février 1947

  • Les sous-officiers et les hommes de troupe débarquent de l’Athos II à 8 h pour s’installer au camp de l’Émigration ( Saïgon Khankhoï ) pour la durée de l’escale. Ne sont débarqués que les bagages individuels. Les sacs A et B restent au bateau, gardés par 2 chasseurs de la Cie.
  • Les officiers restent logés et nourris au bateau.
  • Des permissions restent accordées au personnel dans les mêmes proportions que ci-dessus.

Vendredi 14 février 47

  • 8h30 : Visite du cantonnement par le Général du Perrier, Adjt au Général Cdt le CEFEO.

Samedi 15 février 47

  • Le Bataillon est prévu pour une opération dans le secteur de Saïgon. En conséquence, les sacs A et B sont débarqués du bateau et transportés au camp de l’Emigration. Les commandants de Cie sont convoqués au PC de la 13e DBLE à Giadinh pour être mis au courant de la situation. Pendant ce temps, la Cie se prépare a être enlevée en camion dans le courant de la nuit.
  • Tenue : Combinaison, guêtres, équipement, béret de toile, armement individuel et collectif au complet.

Ordre de bataille de la 1ère Compagnie du 1er RCP

au 15 janvier 1947

Le Lieutenant Laupie
Commandant la Compagnie

  • Commandant de Compagnie : Lieutenant Laupie
  • Adjoint : Lieutenant Blanc

Section de commandement et groupe de mortiers

  • Chef de section : Sergent-Chef Seigne
  • Sergent-Chef comptable : Caporal-Chef  Rambaud
  • Observateur : Sergent Gaboriau
  • Sous-officier à disposition : Sergent Yernaux
  • Chef de groupe de mortiers : Sergent Chef Barrail

1er peloton

  • Chef de Peloton : Sous-Lieutenant Gardes
  • Adjoint : Sergent -chef Guillaume
  • Chef du 1er groupe : Sergent-Chef Sol
  • Chef du 2ème groupe Sergent Sanchez
  • Chef du 3ème groupe : Sergent Goutte

2ème peloton

  • Chef de Peloton : Adjudant Payen
  • Adjoint : Sergent-Chef Leguéré
  • Chef du 1er groupe : Sergent-chef Lavabre
  • Chef du 2ème groupe : Sergent Mathieu
  • Chef du 3ème groupe :Sergent Sérignac

3ème peloton

  • Chef de Peloton : Aspirant Gourlaouen
  • Adjoint : Sergent-chef Corai
  • Chef du 1er groupe : Sergent Leclerc
  • Chef du 2ème groupe : Sergent-Chef Lamy
  • Chef du 3ème groupe : Sergent L’Herron

Caporaux-Chef

  • Beaussin, Cauwet, Desjours, Georges, Girodon, Jolimay, Joly, Mottaz, Moyer, Raffin.

Caporaux

  • Baptiste, Chuine, Dehant, Haumont, Lecadieu, Moindreau, Pont, Sanlis, Wouters.

Chasseurs de 1ère classe

  • Chesnel, Morin, Morisset, Pasdeloup, Poncet, Pottier, Richard.

Chasseurs

  • Bailleux, Barnéoud, Bastiat, Blanc A., Bervas, Bon,  Borde, Bonhomme, Buffet, Bruneau, Bocage, Brzézinski,
  • Chaize, Chauchat, Caujolle, Chevalier Pierre, Chevalier Jacques, Contassot,
  • Dufour, Dubos, Dubut,
  • Egret, Emery, Esvan,
  • Fayolle, Feuerlé, Fleurot, Fontaine, Fourquet,
  • Garma, Gascon, Gasparini, Gibilaro, Grenier, Gilbert, Guiol, Guyon,
  • Heller, Héloin, Henry, Hermouet,
  • Jacopin,
  • Lacroix, Ligour,
  • Mangin d’Hermantin, Marchand, Maria, Micossi, Meignein, Moirez, Mouraud, Mousseau, Muller,
  • Niedzwiez,
  • Oberlé,
  • Papino, Perroteau, Preissig, Pontonnier, Prieux,
  • Rahout, Ristat, Rourre,
  • Sangla, Siegenthal, Simon, Souchon, Schusser, Schlotterbeck,
  • Touboulic, Trottet,
  • Vernis, Viguier.

Bientôt sur ce site…

 

 

J’ai décidé de retracer , ici, le séjour en Indochine de la 1ère compagnie du 1er régiment de Parachutistes à laquelle appartenait à l’époque mon père. L’Athos II qui amenait le 1er Bataillon du Régiment en Indochine accosta à Saïgon le 12 février 1947, il y a 73 ans aujourd’hui. Le 15 février 1947, le premier ordre d’opération arrivait. A partir du 15 février 2020, je vous ferez revivre, au jour le jour les activités et les opérations de ces jeunes parachutistes. vous découvrirez leurs combats, leurs souffrances mais aussi leurs joies. Beaucoup sont tombés là-bas, durant ce séjour ou durant des séjours suivants. D’autres sont tombés en Algérie. Retracez la vie de ces hommes et pour moi une manière de leur rendre hommage et de leur dire : nous ne vous oublions pas !

Michel BOCAGE